TF1 – Bac 2022 : connaissez-vous la méthode S-P-O-R-T pour être au top le jour du Grand Oral ?

Article de Virginie Fauroux pour TF1 avec Charlie Clarck

Bac 2022 : connaissez-vous la méthode S-P-O-R-T pour être au top le jour du Grand Oral ?

 

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Prendre la parole devant un public de façon claire et convaincante, voilà qui peut-être source de stress. Plus de 520.000 lycéens vont pourtant devoir se frotter à cet exercice fin juin lors du Grand Oral. Issue de la réforme du baccalauréat, cette épreuve, inaugurée en juin 2021, fait partie des cinq épreuves finales. Elle est liée aux deux spécialités suivies en Terminale. D’une durée de 40 minutes (20 minutes consacrées à la préparation et 20 minutes d’échange avec le jury), elle est notée sur 20, avec un coefficient 10 en voie générale (ou 14 en voie technologique).

Le verbal ne suffit pas !

Si le fond est important, la forme est essentielle dans cette épreuve, car ce sont les qualités oratoires et la capacité des lycéens à argumenter et convaincre qui seront évaluées. Le problème, c’est que de nombreux candidats sont peu habitués dans leur parcours scolaire aux exercices de prise de parole. Et c’est finalement la même chose dans le monde de l’entreprise. Un milieu que Charlie Clarck, fondateur du cabinet de conseil en stratégie orale Whistcom, connaît bien ; lui qui forme au quotidien les grands dirigeants du CAC 40 à la prise de parole. “La culture française est une culture de l’écrit, parce que l’oral n’a jamais été valorisé. Pour avoir un cerveau qui pense pour de l’oral, il faut d’autres logiques et d’autres outils”, explique-t-il à TF1info.

Battant en brèche les idées reçues, pour lui, il ne suffit pas d’avoir un peu d’intuition et de l’aisance. “L’oral, c’est plutôt comme des mathématiques. Par exemple, d’une simple posture va découler tout le bon déroulement de votre prise de parole”, poursuit-il, précisant que ceux qui pensent être bons se trompent souvent. “Parce qu’ils parlent pour eux et non pour ceux qui sont en face”, admet-il. Pour être efficace et convaincant à l’oral, Charlie Clarck a décidé de créer une méthode “infaillible”“qu’on soit timide ou pas”, la méthode S-P-O-R-T.

Ce sont cinq outils qu’il faut apprendre à contrôler afin de maîtriser deux éléments essentiels quand on veut faire passer un message à l’oral : le visuel (posture, sourire, look) et le vocal (tonalité, rythme, volume, timbre de la voix). “Selon certaines études, cette communication non verbale, c’est 93% de ce que vous allez laisser comme impression au jury”, analyse notre expert. Et de préciser : “Souvent, et c’est un travers bien français, on pense que pour être bon il faut maîtriser son sujet. En fait, vous n’avez fait que 7% du chemin. Ce que vous dites à l’oral est important, mais, ce qui est plus important encore, c’est comment vous le dîtes. Il faut donc travailler la forme.” 

S comme Sourire

“Souriez pour faire la différence.” Charlie Clarck est formel, que ce soit dans le monde de l’entreprise ou devant un jury du bac, quand il s’agit de prendre la parole en public, on montre rarement qu’on prend du plaisir à l’exercice. Or, un jury qui va voir défiler des dizaines de jeunes, adorera celui ou celle qui affichera un large sourire. “Faites-le cinq à dix minutes avant de rentrer dans la salle, car une fois à l’intérieur, c’est déjà trop tard”, conseille-t-il. À l’inverse, si le candidat semble souffrir de prendre la parole, les examinateurs en souffriront aussi.

P comme Pieds

S’il y a une règle à retenir, c’est d’accrocher ses pieds au sol, poursuit l’expert. Cela peut paraître incongru, “mais on prend la parole avec ses pieds”. “C’est la base, c’est-à-dire qu’il faut trouvez sa position. Si vous êtes assis, vous mettez vos deux pieds au sol et vous n’en bougez plus. Vous ne les tordez pas, vous ne croisez pas et décroisez les jambes sans cesse… Et si vous êtes debout, vous ne faites pas la danse de l’ours. Vous ne remuez pas sans arrêt”, assure Charlie Clarck. Pour lui, il faut brancher ses pieds sur la prise terre pour ne pas disjoncter parce que le cerveau doit être accroché sur un axe stable pour bien fonctionner. “Et puis, quand vous avez les pieds accrochés au sol, les mots que vous allez prononcer seront beaucoup plus fermes.”

O comme Ouverture des mains

Toujours à propos de posture, “il faut éviter de se frotter les mains, de se gratter le nez, ou encore de se toucher les cheveux”, prévient Charlie Clarck. “C’est ce que tout le monde fait quand il est en situation de stress, car le corps cherche toujours à s’accrocher quelque part. Mais si vous avez ancré vos pieds au sol, vos mains n’auront pas besoin de chercher un appui. Il suffit de les laisser poser sur la table et de les laisser bouger naturellement. Sans faire tous ces gestes qui vont vous desservir et parler à votre place. De plus, plus vos mains seront libérées plus votre ton sera accrocheur”, précise-t-il. “Baissez les mains, le ton descend, montez les mains, le ton remonte.”

R comme Regard

Savoir où l’on doit poser son regard compte aussi parmi les principales difficultés d’une prise de parole en public. Pour notre spécialiste, la réponse est claire, “il faut regarder son jury et uniquement lui”. Mais attention, pas question de les balayer du regard en passant rapidement de l’un à l’autre, une attitude typique quand on est mal à l’aise. Pour Charlie Clarck, “il faut passer du temps dans le regard du N°1, ensuite aller chercher le regard du N°2 en prenant son temps, en étant généreux et en les surprenant. Pas question par exemple de regarder les examinateurs dans le même ordre, ou de toujours s’attarder sur la personne qui vous pose des questions. Enfin, ne pas oublier celui qui est silencieux, car il ne faut laisser personne de côté.”

T comme “Taisez-vous !”

Drôle de consigne pour une épreuve orale, mais Charlie Clarck l’affirme, toutes les étapes précédentes n’ont qu’une vertu : se taire où plutôt “ne pas être avare de silences”. “Plus vous faites des silences plus vous montrez que vous êtes à l’aise et que vous gérez le sujet. C’est aussi savoir faire des pauses et ne pas répondre trop vite.” Car celui qui ne sait pas, ou qui est fébrile, prononce toujours beaucoup de mots pour se rassurer. “La plupart du temps, des mots qui ne servent à rien et qui vont polluer son cerveau. De plus, un monologue, ce n’est pas de la communication”, ajoute l’expert. “Quand vous vous taisez, l’examinateur a le temps de repenser à ce que vous venez de dire. Dans le silence, le dernier mot résonne, donc on entend deux fois plus ce que vous dites et pendant ce temps-là, vous pouvez réfléchir. Mais aussi respirer, ce qui est essentiel pour rester serein.” 

Cette méthode se travaille : entraînez-vous à voix haute devant un miroir, une caméra ou des amis

Dernière chose à savoir, ces cinq outils sont indissociables : “C’est parce que j’ai accroché mes pieds au sol que j’ai pu ouvrir mes mains. C’est parce que j’ai ouvert mes mains que j’ai regardé et que j’ai pu me taire. Car si vous ne regardez pas la personne en face de vous dans les yeux, ce n’est plus un silence, mais un blanc”, souligne Charlie Clarck, pour qui le Grand Oral s’apparente aussi à une épreuve sportive. “Donc cette méthode se travaille. Entraînez-vous à voix haute devant un miroir, une caméra ou des amis”, conclut-il.

Virginie Fauroux


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